Construction bois

Extension : permis de construire ou déclaration préalable ?

Par David Bertrand · Publié le 19 février 2024 · mis à jour le 4 septembre 2026 · 10 min de lecture

Extension à toit plat en ossature bois avec bardage bois vertical, chantier en cours à Bordeaux
Au sommaire

Un permis de construire pour une extension de maison n'est pas toujours obligatoire, et c'est précisément là que les projets se compliquent. Le seuil qui fait basculer d'une simple déclaration préalable vers un permis dépend du zonage de votre parcelle au plan local d'urbanisme, pas de la surface de votre maison. Voici la règle exacte, la composition du dossier, les délais d'instruction réels, et surtout ce qu'il reste à faire une fois le chantier terminé, une étape que presque personne ne traite.

Les points à retenir

  • La déclaration préalable suffit jusqu'à 20 m² créés, seuil porté à 40 m² en zone urbaine couverte par un plan local d'urbanisme. Au-delà, le permis de construire s'impose.
  • Le calcul porte sur la plus grande des deux surfaces créées, surface de plancher ou emprise au sol, et les extensions successives se cumulent.
  • L'instruction dure 1 mois pour une déclaration préalable et 2 mois pour un permis de maison individuelle, avec majoration en secteur protégé.
  • Le chantier n'est pas fini administrativement à la dernière vis : il reste la déclaration d'achèvement et la déclaration fiscale sous 90 jours.
  • Le règlement de zone peut imposer une pente de toiture minimale et rendre un toit plat irrecevable, quelle que soit la surface projetée.

Permis de construire ou déclaration préalable ?

Une déclaration préalable suffit jusqu'à 20 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol créés, seuil porté à 40 m² dans une zone urbaine couverte par un plan local d'urbanisme. Au-delà, le permis de construire devient obligatoire. En dessous de 5 m² créés, aucune formalité n'est exigée.

Surface crééeHors zone urbaine d'un PLUEn zone urbaine d'un PLUFormulaireInstruction
Moins de 5 m²Aucune formalitéAucune formalitéAucunSans objet
5 à 20 m²Déclaration préalableDéclaration préalableDPMI, Cerfa 137031 mois
20 à 40 m²Permis de construireDéclaration préalableSelon la zone1 ou 2 mois
Plus de 40 m²Permis de construirePermis de construirePCMI, Cerfa 134062 mois

Ces seuils figurent au code de l'urbanisme, à l'article R*421-14 pour le permis de construire et à l'article R*421-17 pour la déclaration préalable. Deux réserves les accompagnent. La tolérance des 40 m² tombe dès lors que l'extension porte la surface de plancher totale de la maison au-delà de 150 m², seuil qui rend par ailleurs le recours à un architecte obligatoire. Le zonage se lit dans le règlement du plan local d'urbanisme de la commune, jamais au jugé : une parcelle peut être desservie comme un terrain urbain et rester classée en zone naturelle au règlement, auquel cas le seuil de 20 mètres carrés s'applique. Une commune dépourvue de plan local d'urbanisme relève par ailleurs du règlement national d'urbanisme, où la tolérance des 40 mètres carrés n'existe pas. Notre guide de l'extension à toit plat en ossature bois replace ce choix dans l'ensemble du projet.

Surface de plancher ou emprise au sol ?

La surface de plancher et l'emprise au sol sont toutes deux vérifiées, et c'est la plus grande des deux qui décide de la formalité. La surface de plancher se mesure au nu intérieur des murs de façade, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 mètre. L'emprise au sol correspond à la projection verticale du volume bâti, débords compris.

La distinction entre surface de plancher et emprise au sol n'est pas théorique, et elle fait basculer des projets d'une catégorie de formalité à l'autre. Une extension à toit plat de 38 mètres carrés habitables dont l'acrotère déborde de la façade peut afficher une emprise au sol de 41 mètres carrés, donc relever du permis de construire alors que la surface intérieure reste sous le seuil. Un auvent ou un débord de toiture qui protège l'entrée compte dans l'emprise au sol sans créer un seul mètre carré de surface de plancher. Le cumul constitue le second piège : les surfaces créées s'apprécient sur l'ensemble de la construction, et non projet par projet. Une véranda de 18 mètres carrés déclarée en 2022, suivie d'une extension de 15 mètres carrés en 2026, produit 33 mètres carrés cumulés, ce qui change le régime applicable hors zone urbaine.

Que contient le dossier d'urbanisme ?

Le dossier réunit huit à dix pièces : plan de situation, plan de masse, plan en coupe, plans des façades et des toitures, notice descriptive, document graphique d'insertion, photographies du terrain et, si le projet y est soumis, attestation thermique. Le formulaire n'en est qu'une. L'essentiel tient dans les plans et dans les documents graphiques, qui permettent à l'instructeur de se représenter le projet dans son environnement, avant et après travaux.

PièceDéclaration préalablePermis de construireCe qu'elle montre
Plan de situationObligatoireObligatoireOù se trouve le terrain dans la commune
Plan de masseObligatoireObligatoireImplantation de l'extension, cotes, réseaux
Plan en coupeSi le profil du terrain changeObligatoireRapport entre la construction et le terrain naturel
Plans des façades et toituresObligatoireObligatoireAspect extérieur, hauteur d'acrotère, teintes
Notice descriptiveRecommandéeObligatoireMatériaux, insertion dans le paysage
Document graphique d'insertionSelon la communeObligatoireLe projet inséré dans une vue réelle
Photographies proche et lointaineSelon la communeObligatoireÉtat existant du terrain et de son environnement
Attestation réglementation thermiqueSi le projet y est soumisSi le projet y est soumisPrise en compte de la RE2020

La liste officielle des pièces figure sur les fiches déclaration préalable et permis de construire de Service-Public. Le formulaire de déclaration préalable pour maison individuelle porte le numéro Cerfa 13703, celui du permis de construire pour maison individuelle le numéro Cerfa 13406. Leurs versions sont réactualisées régulièrement, donc téléchargez toujours le formulaire depuis le site officiel plutôt que depuis une copie trouvée en ligne : un formulaire périmé fait partie des motifs classiques de demande de pièces complémentaires.

Quand l'attestation thermique est-elle exigée ?

L'attestation de prise en compte de la réglementation thermique est exigée dès que l'extension est soumise à la RE2020, et le régime applicable dépend de sa surface de plancher chauffée. Trois tranches se distinguent, fixées par l'arrêté du 22 décembre 2022, codifié à l'article R. 172-2 du code de la construction et de l'habitation.

Surface de plancher chauffée crééeRégime applicablePièce à joindre
Moins de 50 m²Exigences alternatives allégéesAttestation thermique
50 à 80 m²Exigences alternatives, dont besoin bioclimatique et ponts thermiquesAttestation thermique
Plus de 80 m²Exigences générales de la RE2020Attestation thermique et étude complète

Faites établir cette pièce par un bureau d'études thermiques avant le dépôt, pas après : elle conditionne parfois l'épaisseur d'isolant et donc la hauteur d'acrotère dessinée sur les plans de façade.

Combien de temps dure l'instruction ?

Comptez 1 mois pour une déclaration préalable et 2 mois pour un permis de construire portant sur une maison individuelle, à partir du dépôt d'un dossier complet. En secteur protégé, ces délais passent respectivement à 2 et 3 mois.

Le délai d'instruction affiché sur le récépissé n'est pas toujours celui qui s'applique. La commune dispose du premier mois pour réclamer des pièces manquantes, et le compteur repart alors de la date de réception de la dernière pièce, ce qui décale le calendrier de plusieurs semaines. À l'inverse, l'absence de réponse à l'échéance vaut en principe décision tacite favorable, et il est prudent de demander en mairie un certificat attestant cette non-opposition avant d'engager la moindre dépense de chantier. La consultation d'un service extérieur allonge également l'examen, qu'il s'agisse de l'Architecte des Bâtiments de France en périmètre protégé, du gestionnaire de voirie pour un accès, ou du service assainissement. Sur nos chantiers, nous prenons en charge le montage du dossier et le suivi de l'instruction, ce qui évite la plupart de ces allers-retours.

Affichage et recours des tiers

Dès l'obtention de l'autorisation, un panneau réglementaire d'au moins 80 centimètres doit être installé sur le terrain, visible depuis la voie publique, et maintenu pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas une formalité décorative : il déclenche le délai de recours des tiers, fixé à 2 mois à compter du premier jour d'un affichage continu de deux mois. Un voisin dispose donc de cette fenêtre pour contester l'autorisation. Faire constater l'affichage par un commissaire de justice au premier jour, puis à intervalles réguliers, constitue la seule preuve solide de sa continuité en cas de litige ultérieur. Beaucoup de particuliers démarrent le chantier immédiatement, ce que rien n'interdit, mais construire pendant le délai de recours revient à assumer un risque : une annulation contentieuse intervient alors sur un ouvrage déjà monté. Sur un projet situé en limite séparative ou modifiant sensiblement les vues, attendre l'expiration du délai reste le choix raisonnable.

Que faire une fois le chantier terminé ?

Deux déclarations closent le dossier. La déclaration d'ouverture de chantier, réservée au permis de construire, se dépose au démarrage. La déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, la DAACT, se dépose une fois les travaux terminés.

Le dépôt de la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, la DAACT, ouvre à la commune un délai de contestation de la conformité de 3 mois. Ce délai passe à 5 mois pour les projets situés aux abords d'un monument historique, en site patrimonial remarquable ou en zone de risques naturels et technologiques. Passé ce délai sans réponse, les travaux sont réputés achevés et conformes. Vous pouvez alors demander à la mairie une attestation de non-contestation de conformité, délivrée sous 15 jours à compter de la demande selon la fiche Service-Public consacrée à la DAACT. Ce document paraît anecdotique au moment de la livraison, il devient central dix ans plus tard : c'est la pièce que le notaire réclame à la revente pour prouver que l'extension est régulière. Classez-la avec l'autorisation d'urbanisme et les attestations de garantie décennale des entreprises intervenues, dans le même dossier que les factures de travaux.

La déclaration fiscale sous 90 jours

La taxe d'aménagement constitue la dernière étape, et elle se déclare désormais aux impôts, non plus à la mairie. Le propriétaire dispose de 90 jours après l'achèvement fiscal des travaux pour déclarer les éléments de calcul depuis le service « Gérer mes biens immobiliers » de son espace sur impots.gouv.fr. L'assiette est la surface close et couverte de plus de 5 mètres carrés dont la hauteur sous plafond dépasse 1,80 mètre. Cette surface est multipliée par une valeur forfaitaire, fixée à 892 euros du mètre carré hors Île-de-France pour 2026, valeur relevée le 21 août 2026 sur la fiche taxe d'aménagement de Service-Public. Un abattement de 50 % s'applique ensuite sur les 100 premiers mètres carrés d'une résidence principale. Cette valeur forfaitaire est réévaluée au 1er janvier de chaque année, donc vérifiez le montant en vigueur à la date de votre achèvement. Notre article sur le prix d'une extension à toit plat chiffre cette taxe pour 20, 30 et 40 mètres carrés.

Le PLU peut-il refuser un toit plat ?

Un plan local d'urbanisme peut effectivement interdire un toit plat, et cette vérification passe avant tout calcul de surface. Le règlement de zone d'un plan local d'urbanisme peut imposer une pente de toiture minimale, ce qui exclut de fait la toiture-terrasse, ou encadrer les teintes, les matériaux et la hauteur des constructions annexes.

Extension à toit plat en ossature bois avec bardage bois vertical, chantier en cours à Bordeaux

Ce qui change en périmètre protégé

En Gironde, la règle d'aspect applicable à une toiture plate change d'une commune à l'autre et parfois d'une rue à l'autre. Autour de Saint-Émilion et dans plusieurs bourgs du Libournais, les prescriptions d'aspect sont serrées et l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France s'ajoute à l'instruction en périmètre protégé. Sur le Bassin d'Arcachon, les secteurs de front de bassin et les quartiers de villas anciennes appliquent des règles distinctes de celles des lotissements récents. Notre extension bois à Bordeaux illustre la réponse habituelle à ce type de prescription, avec un bardage bois vertical et un acrotère noir qui masque entièrement la toiture depuis la rue. C'est souvent la réponse qui débloque un dossier : lorsque le règlement impose une pente, une toiture à faible pente dissimulée derrière un acrotère reste techniquement une toiture-terrasse et se lit comme un volume plat depuis l'espace public.

Extension bois à toit plat livrée à Libourne, bardage gris horizontal et acrotère masquant la toiture

Notre extension bois à Libourne applique la même logique, avec un bardage horizontal gris et un acrotère filant qui ferme le volume. Toit Plat d'Aquitaine est certifiée RGE Qualibat et intervient depuis ses agences des Billaux et de La Teste de Buch. Cette qualification se vérifie sur l'annuaire officiel des professionnels RGE, et nous vous invitons à faire ce contrôle pour toute entreprise que vous consultez.

Pour aller plus loin

Nous montons le dossier d'urbanisme dans le cadre de nos chantiers d'extension, du relevé de l'existant aux plans de façade, et nous suivons l'instruction jusqu'à l'autorisation. La structure bois et l'étanchéité de la toiture plate sont réalisées par la même équipe, sous une seule garantie décennale.

Pour faire vérifier les règles d'urbanisme de votre parcelle et obtenir un chiffrage détaillé, contactez-nous ou appelez l'agence la plus proche.

Cet article expose le cadre général applicable à sa date de mise à jour, le 21 août 2026. Les seuils, les délais et les montants cités relèvent de textes révisés régulièrement, et le règlement d'urbanisme applicable dépend de votre parcelle. Faites confirmer votre situation par le service instructeur de votre commune avant tout dépôt.

David Bertrand

Dirigeant de Toit Plat d'Aquitaine, entreprise certifiée RGE Qualibat

Plus de 10 ans de construction bois et d'étanchéité de toiture plate en Gironde et sur le littoral atlantique. Structure, isolation et membrane portées par une seule équipe, sous une seule garantie décennale. Agences aux Billaux et à La Teste de Buch.

Questions fréquentes

Vos questions, nos réponses

Que risque-t-on à construire une extension sans autorisation ?

Une extension édifiée sans déclaration préalable ni permis de construire est une construction irrégulière, et le problème ne s'éteint pas avec la fin du chantier. La commune peut dresser un procès-verbal d'infraction et saisir le tribunal, qui dispose de la démolition et de la remise en état parmi ses réponses possibles. En pratique, la difficulté se révèle surtout à la revente : le notaire réclame l'autorisation d'urbanisme et l'attestation de non-contestation de conformité, et leur absence bloque ou décote la vente. L'assurance ajoute un second risque, car un sinistre survenu sur un ouvrage non déclaré peut lui ouvrir un motif de refus de garantie. Une régularisation reste possible en déposant a posteriori le dossier correspondant, à condition que le projet soit conforme au règlement de zone en vigueur au moment de l'examen. C'est justement là que le pari est mauvais : le plan local d'urbanisme a pu changer entre la construction et la demande de régularisation.

Peut-on déposer son dossier d'urbanisme en ligne ?

Le dépôt en ligne d'un dossier d'urbanisme est un droit du demandeur. Depuis le 1er janvier 2022, toutes les communes doivent pouvoir recevoir une demande d'autorisation d'urbanisme par voie électronique, et celles de plus de 3 500 habitants doivent disposer d'un téléservice dédié permettant de la recevoir et de l'instruire de façon dématérialisée. Cette obligation figure à l'article L.423-3 du code de l'urbanisme. Concrètement, la plupart des communes de Gironde renvoient vers un guichet numérique des autorisations d'urbanisme, accessible depuis le site de la mairie ou de l'intercommunalité. Le dépôt papier reste possible pour qui le préfère, en deux exemplaires pour une déclaration préalable et en quatre pour un permis de construire, ces nombres pouvant augmenter quand l'avis d'un service extérieur est requis. Dans les deux cas, le récépissé remis au dépôt porte la date qui fait courir le délai d'instruction : c'est le document à conserver.

Une extension impose-t-elle une étude thermique RE2020 ?

L'application de la RE2020 à une extension dépend de sa surface de plancher chauffée. Depuis l'arrêté du 22 décembre 2022, codifié à l'article R. 172-2 du code de la construction et de l'habitation, les extensions de maison individuelle relèvent d'exigences dites alternatives en dessous de 50 mètres carrés, puis dans la tranche de 50 à 80 mètres carrés, avec des exigences allégées portant notamment sur le besoin bioclimatique et sur les ponts thermiques. Au-delà de 80 mètres carrés, ce sont les exigences générales de la RE2020 qui s'appliquent. Une attestation de prise en compte de la réglementation thermique est jointe à la demande d'autorisation d'urbanisme dès lors que le projet y est soumis. Ces seuils étant révisés au fil des arrêtés, vérifiez le régime applicable auprès de votre bureau d'études thermiques ou du service instructeur avant de déposer, plutôt que de vous fier à une valeur lue dans un article.

Faut-il une autorisation pour transformer un garage en pièce de vie ?

Transformer un garage en pièce de vie exige une autorisation d'urbanisme, même sans construire un seul mètre carré supplémentaire. L'opération constitue un changement de destination au sens du code de l'urbanisme, soumis à déclaration préalable. Si l'opération s'accompagne d'une modification de la façade, par exemple le remplacement de la porte de garage par une baie vitrée, la déclaration préalable est de toute façon requise à ce titre. Le permis de construire redevient nécessaire quand le changement de destination s'accompagne de travaux modifiant les structures porteuses. Deux effets sont souvent oubliés. D'une part, la surface concernée devient de la surface de plancher habitable et peut faire franchir le seuil des 150 mètres carrés qui rend l'architecte obligatoire pour un futur projet. D'autre part, le règlement de zone impose fréquemment un nombre minimal de places de stationnement sur la parcelle, qu'il faut alors recréer ailleurs.

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